Thèmes : Statut des femmes
Réalisateur(s) : Ahmed Lallem
Pays de production : Algérie
Type : Long métrage
Genre : Documentaire
Edition du festival : Maghreb des films juin juillet 2012
DVD disponible dans la DVDthèque du Maghreb des films (prêt possible aux programmateurs)
Réalisation Ahmed Lallem
France/52’/1998
Documentaire
Image Anne Mustelier
Son Olivier Lumbroso
Montage Catherine Gouze, Clémence Lafarge.
Production Les Films d’ici, 62 bvd Davout, 75020, Paris, 01 44 52 23 23,e-mail : courrier@lesfilmsdici.fr632
Synopsis En 1966, Ahmed Lallem tournait le documentaire Elles, dans lequel des lycéennes algériennes racontaient leurs vies, leurs difficultés sur le chemin de l’émancipation, leur espérance en l’avenir de leur pays.
Trente ans plus tard, le cinéaste a retrouvé quatre de ces femmes et brosse avec elles le tableau de leur parcours personnel et des espoirs qu’elles nourrissaient.
Commentaire de Samia Messaoudi (extrait)
Les femmes algériennes sont au cinéma telles que dans la vie sans fioriture. Elles racontent leurs histoires, témoignent, simplement. Hier, dans une Algérie en guerre, aujourd’hui, dans un pays traversé de souffrances, elles restent déterminées, courageuses, relèvent le défi de tenir face aux menaces, à la violence et à l’injustice qui leur est faite.
Dans Elles (Ahmed Lallem, 1966), les femmes témoignent de leurs combats et leurs espoirs au lendemain de l’indépendance. Qu’en serait-il ? Pour certaines, l’important est de gagner l’égalité pour construire une Algérie socialement juste. D’autres affirment leur émancipation dans un quotidien trop souvent envahi par le poids de la tradition. C’est encore vrai aujourd’hui.
Trente ans plus tard, le réalisateur recueille à nouveau le témoignage de ces mêmes femmes pour raconter ce qu’est devenue l’Algérie. Les déceptions sont grandes. Mais elles combattent toujours l’obscurantisme. Par le documentaire ou la fiction, la capacité à exprimer le vécu des femmes dans la société algérienne apparaît de manière constante dans son cinéma.
BioFilmographie
Le réalisateur Ahmed Lallem est décédé le 19 octobre dernier à Tours.
Cinéaste et documentariste, Ahmed Lallem est né en 1940 à Sétif. Il commence sa carrière comme reporter de guerre dans la zone frontalière tuniso-algérienne. Après un stage à la Télévision yougoslave, à Belgrade, il entreprend une formation au cinéma qui dure huit mois à l’Idhec, à Paris. De 1963 à 1966, il suit les cours de l’École supérieure nationale de cinéma, de théâtre et de télévision de Lodz, en Pologne.
À son retour, en 1966, Lallem réalisera Elles, documentaire dans lequel, quatre ans après l’indépendance de l’Algérie, il donne la parole à des lycéennes de 1re et de terminale.
Puis, il poursuit un travail sur les réalités culturelles du pays qu’il avait entamé en 1963 avec Tapis du Djebel Amour. Il tourne ainsi Rencontre à Cirta en 1968 et Aujourd’hui, le Hoggar en 1970.
Dans les années 1970, il réalise deux longs métrages fiction pour I’Oncic. En 1974, il achève Zone interdite, mélange de fiction et d’images d’archives, retraçant l’éveil politique d’un village algérien au début de la Révolution. En 1977, il tourne Barrières, un film sociologique teinté de symbolisme historique, qui raconte la désagrégation d’une famille féodale à la mort du père. En ces deux œuvres majeures, et à leur suite, il a continué à réaliser des courts métrages sur le potentiel culturel et sur des questions taboues (comme la question du sida en Algérie qu’il traite dès 1990 dans À propos du sida en Algérie. Il a ainsi tourné Les Étudiantes de Bab-Ezzouar en 1978, Chroniques d’une jeunesse à l’ombre d’un été en 1991, sur les problèmes des jeunes…
Dans le registre culturel, il tournera encore Femmes de la céramique en 1977, Les Nomades Ouled Naïl en 1993, Aujourd’hui, le Hoggar en 1970, La Forêt en 1975 et Traditions berbères de Kabylie en 1992. Sa dernière œuvre, Algériennes, 30 ans après (1995) est un hommage à la résistance des femmes algériennes. Trente ans après Elles, Ahmed Lallem retrouve certaines d’entre ses lycéennes de 1966 : Souad, Farida, Hassina ou Badra, femmes belles, touchantes, intelligentes, qui nous parlent de leur vie, de leurs choix, de leurs difficultés de leur combat contre les obstacles dressés par la famille et la société.
Exilé à cause de la menace islamiste, Lallem vivait, ces dernières années, à Tours
