Année 2009 / 78’
Scénario Baya Kasmi
Production Caminando productions.Catherine Ruault-Castera. Tel : 06 75 54 38 11
Avec Sofia Lassoued.
Commentaires « Quand Sofia Lassoued a vu le film, elle a simplement dit : On a bien travaillé. Sa mère était en larmes, pas à cause de l’émotion que lui procurait l’image de sa fille à l’écran mais parce qu’elle était émue par le sujet », raconte Ariane Ascaride qui s’est lancée dans cette aventure avant le tonitruant débat sur l’identité nationale.
Poignant, en effet, le cas de cette gamine qui ne va pas comprendre pourquoi la France, son pays, ne la considère pas comme l’une des siens. Qui n’admet pas que son père refuse de dénoncer celui qui l’a blessé violemment. Qui trouve son ami Mourad (qui en pince un peu pour elle) ridicule dans sa façon de se revendiquer étranger, lui qui est (vraiment) français. « On croise des gamins comme lui, nés ici, pas intégrés et très attachés au bled dans lequel ils n’ont jamais mis les pieds, commente Ariane Ascaride. Amina, elle, n’a pas la possibilité d’affirmer son identité, donc elle ne peut pas aller bien... ».
Entretien avec Ariane Ascaride
C’est un film très engagé...
Je suis une fille d’immigrés italiens. Et je constate que depuis trente ou quarante ans, les problèmes liés à l’immigration sont devenus beaucoup plus compliqués. Je n’arrive pas à comprendre qu’on ne soit pas arrivé à intégrer des gens qui font vivre ce pays. L’histoire de cette petite fille qui dit je suis française, qui a un discours extrêmement républicain, mais qu’on veut faire partir m’a énormément touchée.
Elle s’adresse très souvent à Nicolas Sarkozy dans le film. De manière générale, l’actualité politique est très présente dans le scénario…
Le tournage a pourtant eu lieu avant le débat sur l’identité nationale. Je n’ai pas voulu faire des choses réalistes. Il s’agit davantage d’un conte, évidement tourné à Marseille car c’est la ville que je connais. Bien sûr, on peut faire des analogies entre certains personnages du film et, par exemple, les militants de RESF. Mais je n’ai pas non plus voulu appuyer les choses. J’ai raconté les contradictions du monde dans lequel nous vivons, sans donner de leçon de morale à qui que ce soit.